Contrairement à la veille, cette seconde journée débute sous le soleil, qui illuminera toute l’après midi le magnifique parc du château de Tilloloy.

Le programme des réjouissances se compose de 4 groupes, dont Ben Miller Band qui aura l’honneur d’ouvrir les hostilités.

Tout droit venu du Missouri, nos lascars vont faire preuve d’originalité à tous les niveaux, que ce soit dans les compositions, ou les instruments sortant des entiers battus.

Le look n’est pas en reste, avec Scott Leeper tout droit sorti d’une ferme pour claquer l’unique corde d’une basse improbable, et l’homme au chapeau rouge, Bob Lewis qui gratouille une tôle ondulée ressemblant à un radiateur trouvé dans une casse automobile.

L’esprit roots est bien présent, tout en enchainant les titres mélangeant les accents bluesy aux sonorités country.

Cette entrée en matière réussie a chaleureusement été ovationnée par un public déjà présent en nombre.

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La suite va en surprendre plus d’un ! La palme des reprises les plus improbables revient à Steve’N’Seagulls, qui se démarque des autres groupes de covers par des morceaux aux arrangements très éloignés des originaux.

La version acoustique de « Paradise City » de Guns N’ Roses surprend au premier abord, mais on se prend vite au jeu lorsque le Banjo enchaine sur « The Trooper » d’Iron Maiden ! Les Finlandais ne se prennent pas au sérieux, transmettant leur bonne humeur à une audience très réceptive.

Le répertoire oscille entre « Seek And Destroy » de Metallica et un « Thunderstruck » d’AC/DC sous des airs d’accordéon !

Il n’y a rien de mieux qu’un « Born To be Wild » de Steppenwolf,  pour clôturer un set placé sous le signe de la fête, partagée avec un public qui a repris en chœur tous les refrains.

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L’orientation vintage du festival prend toute sa signification lors de l’arrive de Jethro Tull. Cette légende du rock progressif britannique va démontrer qu’il faut toujours compter avec ses compositions élaborées, aux atmosphères oscillant entre le folk et les prémices du hard rock. Les riffs bien tranchants de Florian Opahle en témoignent, le guitariste ayant remplacé efficacement Martin Barre, présent depuis les débuts.

Le talentueux Ian Anderson personnifie à lui seul ce groupe mythique, avec sa voix unique. Mais c’est surtout lors de ses interventions à la flute que la magie opère. Les titres prennent une autre dimension grâce au son unique diffusé par l’instrument. Le frontman montre toute sa souplesse, la jambe levée tout en jouant, ou gesticulant pour accompagner les solos de son jeune guitariste.

Le titre tant attendu va venir en fin de set, avec une version rallongée de « Locomotive Breath ». Ce classique indémodable de Jethro Tull va être balancé avec une belle énergie, preuve que le concert est resté sur un rythme élevé sur l’ensemble d’un set bien équilibré.

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La foule est bien compacte au moment de l’arrivée des texans sur la scène au décor minimaliste. Le contraste est saisissant par rapport au show de Scorpions la veille !

Le logo « ZZ Top » illuminera le fond de scène, auquel on ajoutera quelques amplis colorés en vert et rose et le tour est joué. Dommage que les écrans de chaque côté de la scène aient été enlevés, car c’est tout de même l’équipement minimum pour une telle affluence, afin de suivre le concert dans de bonnes conditions.

Et musicalement me direz-vous? Difficile de prendre le trio en défaut, tant l’interprétation est maitrisée. On entre directement dans le vif du sujet avec « Got Me Under Pressure », servi par un énorme son, bien puissant, même si la Gibson de Billy Gibbons semblait saturer par moments.

La set list est identique depuis de nombreuses années, lors des festivals comme en salle. C’est reparti pour la traditionnelle reprise de Jimi Hendrix « Foxy Lady », à croire que le répertoire du trio n’est pas suffisamment fourni pour jouer une de leurs créations.

Les tubes s’enchainent avec « Sharp Dressed Man », « Legs » et l’indémodable « La Grange » lors du premier rappel. Le public en redemande, et nous aurons droit à un retour pour deux derniers titres dont le fabuleux « Jailhouse Rock » d’Elvis Presley pour terminer un show millimétré d’une heure vingt.

ZZ Top continue à tenir la scène sans aucune faille, s’appuyant sur un répertoire de titres légendaires pour la plus grande satisfaction du nombreux public, et c’est bien l’essentiel.

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Malgré quelques ratés et imperfections, comme les longues files d’attentes au stand de nourriture ou les consignes aléatoires (contradictoires) appliquées arbitrairement par une « sécurité » trop zélée, souhaitons que le succès de cette première édition en appelle beaucoup d’autres.

Report & photos © 2016 Alain BOUCLY

 

La première édition du festival Retro C trop s’est déroulée les 25 et 26 juin 2016, dans le parc du château de Tilloloy (80).

Cet évènement a rassemblé plus de 10 000 personnes venues assister à une programmation de qualité, avec des groupes légendaires, mais aussi de belles découvertes dans l’esprit vintage.

Retour en images sur la première journée, qui a vu le britannique Mike Sanchez inaugurer l’immense scène, avec son rythm’n’blues entrainant, mélangé à un rock’n’roll dont l’énergie a conquis l’assistance.

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On ne présente plus Ten Years After, qui reste un des rares groupes encore en activité à avoir joué au festival de Woodstock en 1969. Les 2 rescapés, Chick Churchill aux claviers et Ric Lee derrière les futs, sont accompagnés par Colin Hodgkinson à la basse et le chanteur / guitariste Marcus Bonfanti. La performance de ce dernier est remarquable, avec une voix toujours précise et juste, mais surtout une maitrise de sa Gibson digne des plus grands. Le morceau « I’m Going Home », devenu un classique incontournable du quatuor, viendra conclure ce set de la plus belle des manières.

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C’est au tour d’Hubert-Félix Thiéfaine de démontrer sa capacité à séduire un public pas forcément acquis à sa cause, même si de nombreux fans de la première heure ont fait le déplacement. L’excellente intro bien rock nous met tout de suite dans l’ambiance, et au vu de la qualité des musiciens qui l’accompagnent, cela promet un set bien énergique. Il est dommage qu’un incident technique ait occasionné une coupure de son pendant 10 bonnes minutes, perturbant l’enchainement des titres qui a forcément fait retomber l’ambiance. Malgré ces conditions, H.F. Thiéfaine a assuré l’essentiel, même si le style a paru en décalage par rapport au reste de la programmation.

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Place à la tête d’affiche de la soirée avec Scorpions, qui va une fois de plus délivrer un show sans faille.  Après la tournée d’adieu qui a duré 3 ans, les allemands fêtent leurs 50 ans de carrière en même temps que la tournée faisant suite à la sortie de l’album « Return To Forever ».

Les effets scéniques sont magnifiques, grâce notamment aux nombreux écrans qui occupent l’intégralité de la scène sur plusieurs niveaux. Les changements de décors en mettent plein la vue, car le visuel est parfaitement adapté et synchronisé à chaque titre.

Musicalement, c’est carré, toujours redoutablement efficace, même si Klaus Meine oublie un couplet sur « Blackout » ! Matthias Jabs semble un peu en retrait, d’autant qu’il semble avoir quelques soucis de retours, ce qui a le don de l’énerver !

La set list est sans surprise, identique à la tournée Française en novembre dernier et à celle du festival de Beauregard en juillet 2015 (voir report). Les morceaux incontournables, j’allais dire inévitables, sont bien là, avec les titres acoustiques très attendus par le public. L’enchainement de « Send Me An Angel » et surtout « Wind Of Change » permettra à une audience conquise de faire entendre sa voix.

L’arrivée de Mikkey Dee à la batterie compense l’absence de James Kottak pour raison de santé, et permet à Scorpions de poursuivre sa tournée mondiale. L’ancien cogneur de Motörhead nous a gratifié d’un solo tout en puissance, restant fidèle à son style, sobre et percutant.

La foule va une nouvelle fois participer lors de l’indispensable « Still Loving You » interprété lors du premier rappel, avant de conclure par le convaincant « Rock You LIke A Hurricane ».

Scorpions à prouvé une nouvelle fois son professionnalisme et sa capacité à délivrer un show qui a su convaincre pendant plus d’une heure trente de jeu, car nombreuses sont les personnes qui voyaient le groupe pour la première fois !

Mais attention tout de même à ne pas naviguer en « pilotage automatique » pour rester concentré, et éviter la tournée de trop….

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Report & photos © 2016 Alain BOUCLY

 

Wasted Mind

Direct Hit ! Est un groupe de punk rock américain formé en 2007 et composé de Nick Woods, Danny Walkowiak, Devon Kay et de Steve Maury. Et aussi pour moi, le meilleur groupe de la nouvelle génération de punk rock (groupes ayant sorti un album après l’année 2010)… d’ailleurs, « Wasted Mind » était l’un des albums que j’attendais le plus cette année. Valait-il finalement cet engouement ?

Bien qu’il ne sera probablement pas mon album de punk rock préféré de cette année 2016, « Wasted Mind » est un vrai petit plaisir, qui n’a pas à rougir face à son excellent prédécesseur « Brainless God ». Dommage hélas, qu’il souffre comme beaucoup d’autres productions, de ce fameux symptôme de la promotion mal gérée car révélant trop d’extraits avant sa sortie officielle. En effet, si vous avez écouté « Artificial Confidence », « Forced to Sleep » et « Paid in Brains », vous avez selon moi écouté le meilleur trio de morceaux du disque. Ces titres montrent que le groupe a prit un bon choix de direction, en composant des chansons plus variées et plus créatives que sur leurs derniers albums. Celui-ci a reste bien compris, que le punk rock avant d’être considéré comme beaucoup de nos jours comme un simple enchaînement de « screams » sur un riff de guitare ultra sale, est aussi et même absolument, un véritable univers de mélodies et de chœurs omniprésents qui soutiennent des riffs énergiques et non forcément armés d’un son crade.

En ce qui concerne les « scream » justement, j’aimerais complimenter ceux de « Paid in Brains » qui s’allient parfaitement avec des gros airs de guitare déments et me font adorer un morceau que j’aurai eu sans doute eu plus de chances de détester en temps normal. Aussi, le thème et le message de celui-ci me ravit au plus haut point.

Je vous ai parlé du trio de morceaux de début d’albums, mais à part quelques deux ou trois autres titres qui m’ont laissé indifférent, le reste de l’album est tout aussi réussi et imaginatif. « Promised Land » est progressivement entêtante et étonne par ses cuivres et son côté rock. « Bleach Music » plaît grâce à un refrain recherché et « Do the Sick » assemble techniques de chants impressionnantes, avec riff de punk rock « Direct Hit ! » cent pour cent pur jus. Bref, vous l’aurez compris ; c’est du bon travail et surtout, du bon punk rock. Un peu à l’ancienne comme on en faisait plus diront certains.

Que vous soyez fan ou de punk rock, de pop punk… ou de pur punk des années 70… ou même tout bonnement curieux, je pense qu’il y a dans ce « Wasted Mind », un ensemble homogène qui vous séduira, et vous fera passer de bons moments avec votre compagnon de route.

Ma note : 8/10

Mon top 5 des chansons de l’album :
01 Paid in Brains
02 Artificial Confidence
03 Forced to Sleep
04 Promised Land
05 Bleach Music

La liste des pistes :
01 A Message to Young People
02 Artificial Confidence
03 Forced to Sleep
04 Paid in Brains
05 Promised Land
06 Hospital For Heroes
07 Was It the Acid?
08 Another Dimension
09 Bleach Music
10 Infinite Pills, Infinite Alcohol
11 Villain Alcoholic
12 Do the Sick

Entretien avec Ludovic et Fabrice Loez réalisé par Marie-France BOUCLY lors du Chaulnes MetalFest le 26 mars 2016.

– Peux-tu nous parler un peu de « Rêveries » votre dernier album en date sorti il y a à peine 1 an ?

En fait on ne peux pas le considérer comme un nouvel album, car s’est un réenregistrement des morceaux sortis sur notre première démo en 1990. Nous avions à l’esprit de sortir un bootleg, mais finalement, à l’écoute des morceaux, notre label a préféré sortir ces titres là de façon officielle et avec une meilleure production. En plus, On en a profité pour y inclure 3 reprises.

Nous voulions également un pochette qui corresponde à ce qui se faisant dans les années 90, c’est pour cela que nous avons fait appel à Dan Seagrave pour sa conception.

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– Pourquoi avez-vous fait le choix de reprendre les titres de Twisted Sister, Anthrax et Paradise Lost, plutôt que d’autres groupes ?

Ces morceaux nous plaisent vraiment, comme « The Beast » de Twisted Sister que Thierry (batteur du groupe ndr) et moi aimons beaucoup. Du coup, on s’est dit qu’on allait le reprendre. L’album de Paradise Lost nous a beaucoup marqué à l’époque, et pour Anthrax, c’est une demande de reprise pour le film « Aux Yeux des Vivants » de Julien Maury et Alexandre Bustillo. En plus, cela correspond parfaitement à la période ou nous avons composé les morceaux figurant sur cet album, ce qui donne une cohérence à l’ensemble.

– Si vous deviez définir votre musique, que diriez vous ?

C’est du metal atmosphérique, parfois doom, un peu death par moments. On peu dire que Supuration est dans la mouvance death metal atmosphérique. Après, on a du mal à trouver une classification précise, n’ayant pas vraiment un style bien défini.

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– Aurais-tu un album à conseiller à quelqu’un qui souhaite découvrir le groupe et pourquoi?

Je pense que les 3 albums de Supuration qui font la trilogie du « Cube », même s’ils ne sont pas indissociables, sont une bonne référence pour découvrir le groupe.

Concernant S.U.P., cela dépend que ce l’on aime écouter, car les tempos sont assez variés. La musique de S.U.P. est un peu plus expérimentale, moins orientée vers le death.

– Au niveau de l’écriture, quels sont les thèmes et les sujets qui vous inspirent et pourquoi ?

Pour la trilogie du « Cube », c’est la réincarnation. Les thèmes fantastiques et la science fiction  sont également abordés. Chaque album a son concept qui raconte une histoire complète à chaque fois.

Concernant S.U.P. et Supuration, ce sont 3 histoires qui en forment une seule sur les 3 albums. « The Cube », « Incubation » et « Cube 3 » sorti en 2013.

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– Quel bilan fais tu après plus de 25 ans de carrière, chose rare pour un groupe français ?

Le bilan est plutôt positif, car on a réussi à faire ce que l’on voulait. De toutes façons, le but n’était pas de devenir riche et célèbre. Lorsque l’on débute, faut bien être conscient que pour durer, à la base on ne fait pas ça pour gagner des sous. Et quand c’est bien ancré dans la tête, on peut continuer à faire vraiment ce qu’il nous plait.

– Qu’es-ce vous écoutez en ce moment ?

Pas grand choses en ce moment…. Sinon, c’est très varié, de Depeche Mode à Carcass… Je réécoute aussi  les albums vinyles des années 80, des vieux Saxon, Killing Joke, rien à voir avec ce que l’ont fait !

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– Quelle a été votre source principale d’inspiration?

Les premiers albums de Pestilence m’ont beaucoup marqué. Pink Floyd a également été important, avec notamment « The Wall ».

– Quels sont vos projets discographiques pour Supuration comme pour S.U.P ?

Il va y avoir la sortie de tous les albums en support vinyle sur le nouveau label « Overpowered Records » et les rééditions de ceux de Supuration sur un label américain. Un album de S.U.P. est prévu pour 2017 plus la réédition de la discographie en vinyle avec une parution tous les 3 à 4 mois. Il y en a 6 au total, et le premier « Anomaly » vient de sortir il y a 15 jours et le prochain « Room Seven » est prévu pour le mois de mai.

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– Vous êtes un des plus anciens groupes français encore en activité. Que penses-tu de l’évolution du business et de la scène métal en France?

Je pense qu’il y a beaucoup trop de groupes. Du coup, je suis sur que l’on passe à côté de truc intéressants, car à force d’écouter des choses de mauvaise qualité, on se lasse un peu et on a moins envie d’aller chercher de la nouveauté.

En fait , c’est surtout les musiciens qui sont trop nombreux, trop techniques aussi. Oui voilà, il y a trop de musiciens et pas assez de groupes. Je vois plutôt la notion de groupe comme une entité, ou tout le monde se serre les coudes. On y va à fond et on fait le truc ensemble !

J’ai l’impression que maintenant, les groupes de métal font preuve de moins de variété et d’originalité dans leur musique. C’était beaucoup plus éclectique auparavant avec des groupes comme Morbid Angel, Paradise Lost, Pestilence, ou chacun voulait être le plus original possible. Aujourd’hui, tout le monde fait un peu la même chose, avec des trucs saccadés, jouant rapidement mais sans feeling. Après cela dépend des groupes aussi, car on ne peut pas tout écouter !

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Réalisation: Marie-France BOUCLY

Photos: © 2016 Alain BOUCLY

 

 

Entretien: Marie-France BOUCLY

Photos: © 2016 Alain BOUCLY

Avant de monter sur la scène du Hipster Café à Rouen le 20 mai 2016, Lionel, batteur de Sideburn, s’est rendu disponible pour répondre aux questions de Ride The Sky

– Peux-tu présenter le groupe et résumer son parcours depuis sa création?

Ouahhh… ça va être long alors ! (rires) Pour résumer, Sideburn existe sous ce nom depuis 1996, le groupe ayant débuté en 1990 et s’appelait à l’époque Genocide. C’était un groupe de Heavy Metal, et suite à un changement de guitariste, nous avons pris une direction axée vers le rock australien. C’est là que nous avons changé de nom pour s’appeler Sideburn, estimant que Genocide ne collait plus tellement avec ce style de musique. Nous avons sorti 7 albums, et sommes entrain de travailler sur le 8ème que l’on espère sortir en fin d’année ou au début de l’année prochaine.

Il y a eu quelques changements de line up depuis nos débuts, étant moi même le batteur depuis 1999.

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– D’ou vient le nom Sideburn?

Sideburn, ce sont les rouflaquettes en anglais, et puis ça allait bien aussi avec Elvis Presley. Les rouflaquettes plus Elvis Presley, il n’y a pas plus rock n’ roll, donc Sideburn !

– On ressent dans vos compositions, un mélange d’influences de rock australien avec ZZ Top, qu’en penses-tu?

Oui, c’est complètement ça ! Je pense que l’on a essayé d’assimiler les bases d’ AC/DC et de Rose Tattoo, qui sont de grandes influences de notre chanteur, (Roland ndr) et de ZZ Top pour le côté bluesy. Il est clair que l’on retrouve sur chacun de nos albums un ou deux morceaux un peu plus bluesy, ou Roland joue de l’harmonica.

– Votre dernier album « Electrify » est sorti 2013. Avez-vous écrit de nouveaux titres et prévu une date pour l’enregistrement et la sortie du disque?

Nous sommes effectivement entrain de le terminer. Les parties de batterie, basse et guitares rythmiques sont enregistrées. Il reste les solos de guitare, les chœurs et le chant, qui est bien avancé. On espère avoir fini pour début juillet.

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– Avec le recul, comment cet album a t’il été accueilli par les médias et le public?

Je pense que la promotion n’a malheureusement pas été aussi bien faite que pour le précédent, le label allemand ayant réduit ses couts dans ce domaine. Les cd n’ont pas été envoyés aux médias, et de ce fait, il n’y a pas eu d’articles dans les journaux spécialisés, sites internet… Cela nous a un peu déçu, car on est très fiers de cet album. Sinon, les feedback de ceux qui ont pu l’écouter et le critiquer ont été excellents. Malgré l’arrivée de nouveaux musiciens, avec les 2 guitaristes et le bassiste, tout le monde a été unanime pour dire que l’on ne sentait aucune différence dans le style du groupe par rapport aux albums déjà sortis.

« Electrify » a été mixé par Beau Hill, qui a notamment travaillé avec Alice Cooper, Twisted Sister, Ratt, Gary Moore et Warrant. Allez-vous poursuivre votre collaboration ?

Nous avons été très satisfait de son travail sur l’album « Jail », et comme je viens de dire, il y a eu 3 nouveaux membres sur « Electrify ». Du coup, c’était bien de garder les même bases, pour qu’il n’y ait pas en plus du changement de musiciens un décalage au niveau du son au aurait pu s’avérer négatif. C’est pour cette raison que l’on a volontairement retravaillé avec Beau Hill, mais pour le prochain, nous allons donner une chance à notre ingénieur du son live, pour qu’il mixe ce nouvel album.

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Comment expliques-tu que la scène Suisse soit si importante avec de nombreux groupes comme Samael, Celtic Frost, Coroner, Sybreed, Gotthard, Krokus et Shakra?

Là, tu as mentionné 2 styles différents, avec du hard rock et du metal plus extrême. On a toujours eu la chance, depuis la fin de années 70 avec Krokus, d’avoir un groupe phare qui entraine la génération suivante à jouer cette musique. Tu as eu Krokus, puis Gotthard et Shakra peu de temps après. Ensuite, dans le genre plus extrême, Celtic Frost fait office de pionnier, suivi par Coroner et Samael à la même époque. Toutes ces formations sont devenues un peu mythiques quand même et motivent la scène Suisse.

– Qu’est-ce qui vous motive a continuer après plus de 20 ans de carrière ?

La passion du rock tout simplement auquel on peut ajouter le plaisir de se produire sur scène.

– Comment expliques-tu qu’après autant d’années, Sideburn n’ait pas la reconnaissance qu’il mérite ?

Il y a eu des erreurs de marketing, notamment quand il y a eu le changement de nom. Le groupe marchait bien, mais le line up a changé aussi. De nombreuses personnes connaissaient Sideburn, car nous avions fait une tournée avec Krokus qui a rassemblé plus de 30 000 personnes. A l’époque il n’y avait pas internet, et dans la presse classique en Suisse, du fait des 3 langues, tu ne peux pas communiquer aisément avec tout le monde. Plusieurs années après, beaucoup de gens ne savaient pas que Sideburn était la suite de Genocide, avec le même chanteur.

On a eu aussi un peu de malchance avec les albums « Crocodile » et  » Gasoline » sortis sur un label allemand qui n’a rien fait pour le groupe. Cela nous a couté beaucoup de temps et d’énergie sur des disques qui nous ont coûtés très cher. Quand tu as dépensé une certaine somme et que tu es obligé de jouer pour rembourser, ça change la donne !

C’est à partir de la sortie de « Cherry Red » (en 2008 ndr) ou l’on s’est occupé nous même de la promotion, que ça a mieux marché.

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– Qu’ écoutes tu en ce moment ?

(Arrivée des guitaristes Mike et Lawrence)

Lawrence: J’écoute beaucoup de country comme Montgomery Gentry par exemple que j’aime bien. J’apprécie certains guitaristes de country rock aussi.

Mike: J’écoute pas mal de soul et de rock. J’aime bien ce qui groove, avec des accents de funk. Il y a également le bon vieux rock à l’ancienne, comme Led Zeppelin, Black Sabbath et Aerosmith.

Lionel: J’ai pas mal de disques et viens d’en racheter une douzaine ! Parmi lesquels il y a Volbeat que je trouve vraiment bien. Je les ai découvert un peu par hasard, me disant que ce groupe doit avoir quelque chose pour jouer dans d’aussi grandes salles ! (rires)

Dans un registre plus pop rock, j’ai acheté le dernier Rick Springfield, comme quoi c’est assez varié. Mais dans l’ensemble, ça reste très hard rock quand même.

J’étais vendeur de disques dans les années 80, ce qui m’a permis d’avoir une discothèque assez large !

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– Qu’elle est la question que tu aurais aimé que je te pose ?

Ouahhhhh !!!! Pas celle-ci en tous cas ! (rires)

– Pour terminer, as-tu un message à transmettre au public ?

De continuer à aller voir des concert de rock, que ce soit nous ou d’autres, car nous avons besoin du public. A chaque fois que nous sommes venus en France, nous avons toujours eu de très bons échos et un excellent public; Peut-être qu’il est un peu moins nombreux que d’en d’autres pays, mais il est très fidèle. Il n’y a pas plus fidèle que le fan de rock français.

Je te remercie pour ta patience et ta bonne humeur lors de cet entretien !

Marie-France BOUCLY

Helloween revient à Paris après trois ans d’absence.  Leur dernier passage remonte à l’année 2013, et exactement en mois d’avril en compagnie de Gamma Ray et les brésiliens de Shadowside pour la Hellish Rock Tour à l’Olympia. Avant d’investir la salle du Trianon, le trio sympathique de Rage ouvre le balle. Amené par le talentueux vocaliste et bassiste Peter « Peavy » Wagner, le combo allemand a donné une performance digne d’une figure emblématique du Heavy Metal.  Rage est l’un des groupes, les plus créatifs et productifs musicalement.
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Un setlist efficace et « transgénérationnel ». La bande à Peavy enchaîne avec Black in Mind et Sent by the Devil. Et de poursuivre : End of All Days/Back in Time/Down/ My Way/Until I Die/Don’t Fear the Winter/Higher Than the Sky (passage de Sweet Home Alabama et Holy Diver). Le leader et ses acolytes remercient le public. L’ambiance électrique et festive se poursuit avec l’autre combo allemand  Helloween fort de ses trente de Heavy Metal.

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Un public complètement acquis pour chanter les hymnes épiques des « citrouilles », enchanté d’être là,  se donnent à fond comme ils l’ont toujours fait et très efficaces.  Nous avons eu droit à Walls of Jericho sur bande et « here we go » lancé par Andy et droit au but jouant Eagle Fly Free/Dr. Stein; puis une version longue de My God-Given Right. Helloween enchaine les titres et nous offre un voyage dans le temps  en annonçant chaque morceau Steel Tormentor et Mr. Torture.

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Un retour en avant pour jouer deux morceaux de Straight Out Hell : Waiting for the Thunder et le titre de l’album éponyme.  Nous somme tous des héros, ajoute le sympatique frontman avant d’entre les riffs lourds de Heroes. La place a été laissé au batteur Dani pour des prouesses sur son « Drum Solo ». L’album Master of the Rings a toujours une grande place sur scène  une double bass du célèbre morceau Where the Rain grows. Le public chante et danse. Rare sont les groupes qui amènent les présent-e-s à chanter tout le répertoire.  Avant de retentir le sublime Forver and One,

 

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les Allemands jouent un autre tube du dernier album basé sur histoire vraie Lost in America. Et puis le traditionnel  Power avant d’entamer le classique Halloween et joué « medly » Sole Survivor, le mangnifique I Can  et l’efficace hymne du métal Are You Metal?  chanter avec le public, on se régale avec l’incontournable Keeper of the Seven Keys.

Encore:
Before the War
Future World
(preceeded by a guitar solo)
I Want Out
A Tale That Wasn’t Right (Unarmed Version) sur bande

Entretien & Traduction: Sandrine CHATEL

Photos: © 2016 Alain BOUCLY

Avant de monter sur la scène du Hipster Café à Rouen le 20 mai 2016, Mark Fox (chant) et Thomas Muster (guitare), du groupe Suisse Shakra, ont pris le temps de répondre aux questions de Ride The Sky

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– Votre dernier album « High Noon » est sorti en janvier, qu’est-ce qui le différencie des  albums précédents ?

Thomas Muster : La plus grande différence, c’est qu’il y a un autre chanteur ! On a changé en 2009 après avoir eu de gros problèmes. Nous avons sorti deux albums, « Back On Track » et « Powerplay » avec John Prakesh au chant. Mais John a décidé de quitter le groupe pour diverses raisons. Le monde et le style de vie Rock’n’Roll ne lui convenait pas. Alors on a du chercher un autre chanteur, et pour moi c’était clair, si on devait continuer Shakra, c’était avec Mark. Donc voilà ce qui est différent, le changement de chanteur. Mais, on le connait bien, ce qui est très important. Le groupe et les fans sont habitués à sa voix vu que nous avions déjà enregistré quatre albums avec lui.

Mark Fox : Entre deux j’ai eu mon projet avec Fox et d’un coup Chris Von Rohr (bassiste de Krokus ndr) m’a appelé pour me demander ce que je pensais d’un retour dans Shakra. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour décider. Je me suis dit « oui, je veux y retourner », parce qu’il y a eu des problèmes, mais on peut passer à autre chose si on en parle. Nous avons passé de bons moments pour enregistrer cet album. Pour les anciens albums ce n’était pas pareil, là on s’est vraiment amusés à travailler ensemble et à partir en tournée après. C’est la première tournée que l’on fait ensemble depuis 6 ans !

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Mark, qu’est ce qui t’a fait revenir dans le groupe ?

Mark : Quand on y pense, je ne m’entendais plus du tout avec Thomas quand j’ai quitté le groupe.

Thomas : Il y a six ans, oui.

Mark : Il a fait un le premier pas et a décidé de retravailler avec moi. J’étais très surpris mais j’ai apprécié, et si quelqu’un revient vers moi je ne dis pas non. On n’a jamais eu de problèmes au niveau de la musique vu qu’on a toujours eu la même orientation et nos idées se rejoignaient. Donc la question n’était pas de revenir pour la musique, mais de me retrouver avec les membres du groupe. Un groupe c’est un peu comme un couple, on passe beaucoup de temps ensemble alors il faut que ça marche !

– Comment trouvez-vous l’inspiration pour les nouvelles compositions ?

Thomas : Le plus souvent je joue de la guitare chez moi et parfois les idées me viennent, parfois non. Je ne sais jamais pourquoi, je ne peux pas expliquer d’où vient l’inspiration. Mais c’est drôle, il y a deux ou trois jours quand je dormais j’ai rêvé que je jouais un riff. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Quand je me suis réveillé j’ai demandé à ma femme qu’elle me donne une guitare et j’ai joué le riff. Je me suis dit « c’est pas mal ! » Il sera peut-être sur le prochain album. En tous cas c’est la première fois que ça m’arrive et je ne sais pas pourquoi !

– Qui a composé la musique et écrit les paroles pour cet album ?

Thomas : Nous deux. J’ai composé la musique sur 10 morceaux, et Mark a écrit toutes les paroles.

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– Comment choisissez-vous les titres de la setlist ?

Thomas : Bonne question ! Par exemple ce soir on va jouer « Raise Your Hands » du nouvel album parce que je pense que c’est un morceau sur lequel le public peut se déchaîner. C’est ce que j’ai pensé lorsque j’ai écrit ce morceau et après on s’est dit qu’on allait l’essayer en live. « The Storm » est un morceau que j’aime beaucoup mais on ne va pas le jouer parce qu’on a décidé de faire « The Journey » de l’album « Everest ». Les deux morceaux se ressemblent un peu donc ça ne sert à rien de faire les deux sur scène. On jouera peut-être « The Storm » plus tard lors d’une autre tournée, on ne sais jamais, mais pour l’instant on fait beaucoup d’autres morceaux du nouvel album : « Around The World », « High Noon », « Hello », « Watch Me Burn », « Wild And Hungry »… En fait ce n’est pas facile de faire une setlist.

Mark : Et c’est le dixième album alors on doit prendre des morceaux dans tous les albums. Mais on ne peut pas tous les faire, on ne peut pas jouer toute la nuit !

– Shakra existe depuis plus de 20 ans, qu’est ce qui vous motive à continuer de jouer et à être toujours aussi créatifs ?

Thomas : Cette fois-ci c’était vraiment le retour de Mark. Quand John est parti je me suis dit « C’est fini pour moi, je ne veut plus jouer dans le groupe. Je ne veut pas encore chercher un autre chanteur », parce qu’on l’a fait il y a quelques années avec John. Mais quand Mark est revenu, ça m’a donné assez de motivation pour continuer le groupe et écrire de nouveaux titres. Et ça continue avec des choses comme le rêve dont j’ai parlé tout à l’heure, c’est peut être le point de départ du prochain album, qui sait !

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– Quel est l’album le plus représentatif de la musique de Shakra, et pourquoi ?

Thomas : « High Noon » ! Parce que Mark est de retour !

Mark : Merci !

Thomas : C’est vrai ! On a parlé de Chris Von Rohr, le bassiste de Krokus qui a aussi produit quelques albums de Gotthard. Là il a travaillé avec nous, pas dans la composition mais dans le choix des morceaux pour l’album. Il nous a conseillé de prendre tel ou tel titre, et je suis sûr qu’il y a les 12 meilleurs morceaux possibles, en plus avec Mark, la voix caractéristique de Shakra. Je pense que « High Noon » rassemble tout ce que le groupe était avant et est maintenant.

– Quel est votre meilleur souvenir avec le groupe ? Et le pire ?

Thomas : Ce n’est pas facile… On a tellement joué, avec d’autres groupes ou en tête d’affiche, en Suisse, devant beaucoup de monde… Je ne peux pas choisir juste un moment fort sur toutes ces années. En fait, le meilleur c’est l’ensemble, le fait que ça dure depuis plus de 20 ans.

Mark : Je pense que le meilleur c’est ce qu’on vit. Et on ne sait pas combien de temps ça va durer donc il faut le vivre à fond et en profiter.

Thomas : C’est un peu pareil avec le pire souvenir, on a beaucoup de galères mais on essaye toujours de les oublier. Au final ce qui nous reste ce sont les bons moments.

Mark : Parce que la plupart du temps il y a plus de bons moments que de mauvais. Les mauvais sont toujours très durs mais il faut toujours changer ce qui ne va pas.

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– Comment expliquez-vous que la scène suisse soit aussi importante avec de nombreux groupes comme Krokus, Gotthard, Coroner ?

Thomas : Il y a aussi beaucoup de groupes qui viennent des États-Unis ! En France il n’y en a peut-être pas autant.

Mark : On aime le rock, tout simplement ! On fait ce qu’on aime, et en Suisse on aime la musique ! C’est un peu comme en Suède ou d’autres pays où les gens aiment le rock et le métal.

Thomas : Quand j’étais ado j’étais fan de Krokus et ils m’ont beaucoup inspiré. Je pense que ma manière de jouer a été influencée par Krokus, par AC/DC, par des groupes allemands comme Scorpions aussi. C’est sûrement pour ça qu’on joue ce style de musique. Je n’y avais jamais réfléchi en fait, je fais juste ce que j’aime, et c’est pareil pour Mark je pense.

Mark : Oui.

– Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Thomas : Je n’écoute pas beaucoup de musique, a part mon groupe préféré, Rush, ou Dream Theater un peu aussi. En réalité je n’écoute pas beaucoup de musique dans le même style que Shakra. J’adore jouer ce type de musique mais quand je suis chez moi j’écoute surtout Rush.

Mark : En ce moment j’ai une phase hippie, parce que l’été arrive ! J’écoute souvent Janis Joplin ou d’autres choses comme ça, Johnny Cash aussi. J’aime beaucoup ce genre de musique quand c’est l’été, que je suis dehors, je me repose, je profite et j’écoute de la musique hippie. C’est cool !

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– Comment vous sentez-vous ce soir avant cette première date en France ?

Thomas : Un peu fatigué, parce qu’on a fait la route de nuit et ce n’est pas confortable pour dormir ! Mais sinon tout va bien, je me sens bien !

Mark : Oui je me sens bien ! J’ai vraiment envie de monter sur scène ! J’espère qu’il y aura du monde et que les gens s’éclateront !

– Avez-vous prévu d’enregistrer un concert de la tournée « High Noon » pour un prochain DVD ?

Thomas : On a pas prévu ça, pourquoi ? On devrait peut-être en parler ?

Mark : Parce qu’on n’a pas parlé de ce qu’on veut faire dans le futur, si c’est un nouvel album ou une autre tournée, on ne sait pas. On fait de la musique, on profite, le reste on verra bien.

Thomas : Mais on devrait ! Le dernier DVD était il y a 12 ou 13 ans – pour la tournée « My Life My World », on l’avait enregistré au Z7 a Pratteln en Suisse. Bonne idée, on devrait en parler !

– Quels sont vos projets de tournée pour 2016 ?

Mark : Après les dates en France on va faire les festivals d’été en Suisse, et après on va retourner en Allemagne.

Thomas : On va faire des concerts avec Rammstein, d’autres avec Scorpions. On va jouer au Greenfield Festival pas loin de chez nous. Et puis on prévoit de revenir en France en janvier prochain, et d’aller en Espagne. Il n’y a rien de sûr pour l’instant donc j’espère que ça va se confirmer.

– Pour finir, avez vous un message pour vos fans français ?

Thomas : On est très heureux si vous aimez le nouvel album « High Noon » et si vous venez nous voir en concert, peut-être en janvier prochain !

– Un dernier mot en français ?

Thomas : « La vie est dure…

Mark : …sans confiture ! »

Thomas : C’est la seule chose que je sais dire en français !

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Quoi de mieux pour terminer la semaine qu’un concert de Shakra et Sideburn ? Voilà une affiche qu’il ne faut pas rater !

Les deux groupes suisses se sont retrouvés au Hipster Café à Rouen vendredi soir pour la première des trois dates prévues en France.

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C’est avec le Hard Rock de Sideburn que la soirée commence. En général, le premier groupe sur scène doit chauffer la salle, mais ce soir la température est montée très vite ! Les cinq musiciens ont la pêche et enchaînent les premiers morceaux « Knockin’ At The Wrong Door » et « Devil May Care ».

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Juste après, le groupe nous fait découvrir « Call A Doctor », qui doit paraître sur le prochain album. Ce ne sera d’ailleurs pas le seul inédit du concert : trois autres titres « Get Your Ride On », « Gimme A Sign » et « Mainline » se glissent entre les morceaux incontournables de la discographie, comme « Cherry Red » ou « Six Feet Under ».

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Bien que le line-up ait changé plusieurs fois depuis la création du groupe il y a plus de 20 ans, les musiciens sont en parfaite cohésion sur scène. Lionel à la batterie propulse l’ensemble, tandis que les deux guitaristes, Mike et Lawrence, se partagent les solos des différents morceaux. Le bassiste, Nick, se fait entendre sur les chœurs, en complément de la performance vocale de Roland, digne des plus fidèles représentant du rock australien.

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Malgré l’étroitesse de la scène, les cinq gaillards font preuve d’une énergie sans faille pendant toute la durée du show. Deux morceaux aux sonorités plus blues permettent aux musiciens de reprendre leur souffle, ce qui n’est pas le cas pour Roland qui démontre tout son talent à l’harmonica.  Pour terminer le set, Sideburn nous offre un hommage à Lemmy avec le puissant « No Class » de Motörhead.

La température n’a pas le temps de redescendre avant que Shakra monte sur scène. Le show débute avec « Hello », le premier titre du dernier album « High Noon » qui marque le retour de Mark Fox au chant. L’album entier est à l’honneur ce soir avec pas moins de 7 morceaux : « Around The World », « Eye To Eye », « High Noon », « Watch me Burn », « Wild And Hungry », et bien sûr « Raise Your Hands », très efficace en live. Et le public apprécie !

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Mark communique beaucoup avec les fans mais les autres membres du groupe ont plus de mal à bouger à cause de la taille restreinte de la scène. Le backdrop est même resté dans la remorque!

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Dominik Pfister à la basse est particulièrement discret, surtout au début du concert, en retrait par rapport au guitariste Thomas Muster qui est plus énergique. Derrière sa batterie, Roger Tanner arrive a lancer un clin d’œil ou un sourire aux fans juste devant la scène. Thom Blunier à la guitare nous prouve qu’il n’y a pas besoin de beaucoup bouger pour envoyer un son parfait lors d’intenses solos, remarquables de précision.

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Shakra a son propre style, c’est puissant, efficace, et ça plait ! L’ensemble de la discographie est bien représenté : des débuts avec « Nothing To Lose », extrait de l’album « Moving Force », à « Life Is Now », de l’avant dernier album « Powerplay », sans oublier les albums « Infected » ou « Everest » avec un titre comme « Ashes To Ashes » par exemple.

Le seul moment où les choses se calment un peu est lors «d’une chanson pour les amoureux» comme dit Mark avant de jouer « Love Will Find A Way ».

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La soirée se termine trop vite après un show magique de plus d’une heure et demi, on voit bien que Shakra s’est fait plaisir sur scène et que les fans en ont bien profité.

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Merci à l’association Rockamagus d’avoir organisé cette affiche de qualité, avec 2 groupes qui ont tout donné, devant une audience conquise qui s’est déplacée en nombre.

Sandrine CHATEL

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Lors de chaque édition du Hellfest, de nombreux bénévoles consacrent leur temps à accueillir et à orienter les personnes à mobilité réduite, ainsi que celles en situation de handicap.

Il m’a semblé intéressant de mettre en avant ces personnes qui œuvrent au quotidien pour le bien être des festivaliers, afin que ceux-ci puissent vivre à fond leur passion durant ces 3 jours de fête.

Ce focus sur un des à côtés du festival, permet de mieux connaitre le dispositif en place, avec  l’historique et l’évolution de celui-ci, lors d’un entretien exclusif avec Antoine Tilly, responsable de l’accueil et de l’accessibilité.

Merci à lui d’avoir pris le temps de partager son expérience et de livrer quelques anecdotes croustillantes !

Alain BOUCLY

Entretien avec Antoine Tilly

Responsable du dispositif accueil et accessibilité PMR-PSH

Antoine Tilly, responsable de l’équipe chargée d’accueillir le public PMR-PSH au Hellfest s’est confié sur les différents aspects liés à la mise en place de ce dispositif.

Bonjour Antoine! Je te remercie pour la disponibilité dont tu fais preuve afin de réaliser cet entretien, pour nous faire découvrir le domaine dans lequel tu t’investis depuis de nombreuses années.

– En premier lieu, quelle a été pour toi la source de motivation, l’élément déclencheur qui t’as donné l’envie de t’impliquer dans une structure dédiée aux personnes à Mobilité Réduite et à celles en Situation de handicap?

On me pose très souvent cette question d’ailleurs. En 2009 je suis runner d’ Heaven and Hell et lors de mes pauses je me rends compte que tout le monde peut monter sur la plateforme des Mainstages, festivaliers, presse, bénévoles et ce malgré la présence d’un vigile. J’en ai fais le test. Les PMR-PSH étaient du coup derrière tout ce petit monde donc ils ne voyaient pas grand-chose. En septembre suivant cela m’est apparu comme une évidence. J’ai donc contacté le Hellfest pour proposer mes services avec un « plan » complet d’accueil et d’accessibilité. Je t’avoue qu’au début j’ai débuté avec une page blanche.

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Jean Luc Genevrier – Photo © Yves Marie Tilly

– Depuis combien de temps es-tu en charge de ce dispositif, en tant que bénévole, puis dans l’organisation de ce secteur particulier ?

Depuis septembre 2009 pour une première mise en place lors de l’édition 2010.

– Peux-tu nous expliquer l’évolution matérielle et humaine de l’accueil PMR- PSH du Hellfest ?

En 2010 il n’y avait quasi rien, il a fallu tout prévoir. Fléchage, parking spécial, plateformes, accès sur les autres scènes, Pass spécifique, toilettes, douche, chemin en dur. L’accueil on le faisait à l’entrée du parking puis sur le trottoir. Maintenant nous avons un vrai pôle d’accueil. Il a fallu bien sûr, recruter des bénévoles. Tout naturellement j’ai fais appel à mes proches, la moitié de mon équipe est constituée de mes frères et d’amis. En 2013, ma compagne devient la responsable du poste accueil. En juin prochain mon fils sera présent avec nous. Une vraie Tilly family story, ce qui est notre force finalement.

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De gauche à droite: Bertrand Raphel, Patrice Tilly, Antoine Tilly, Laurent Lebrun et Yves Marie Tilly

– La plateforme principale est située face aux mainstages. Quel est le dispositif prévu pour les autres scènes?

Il y a une petite plateforme pour la Warzone, pour les autres scènes, pas de plateformes mais nos amis PMR-PSH peuvent voir leurs artistes préférés au plus près, c’est-à-dire sur un des côtés de chaque scène.

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– Combien êtes-vous dans l’équipe, et quel est le rôle de chacun?

En juin prochain, nous serons 16 soit 5 de plus qu’en 2015. Au poste Accueil PMR-PSH, mes 4 bénévoles filles, sont en charge du contrôle des cartes d’invalidité ou tous autres documents. Elles vérifient et scannent les billets, posent les bracelets et remettent le Pass PMR-PSH. Le reste de l’équipe est réparti sur les plateformes et devant les autres scènes pour contrôler, installer et fluidifier les accès.

– Quelles sont les qualités essentielles pour faire partie de cette équipe?

Sourire, convivialité mais aussi fermeté.

– As-tu une anecdote croustillante à nous raconter ?

En 2013 un espagnol en fauteuil s’est « offert » un slam géant devant les Mainstages, porté à bout de bras par les festivaliers valides. Il a été la star du festival et de la Presse le dimanche. Tout le monde venait le saluer sur la plateforme.

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© Benoit Guerin – Ouest France

– Quel est à ce jour ton meilleur souvenir, toutes éditions confondues?

Incontestablement, les remerciements de nos amis PMR-PSH lorsque le dernier concert est terminé et que tous repartent avec de la joie sur leur visage.

– Et le pire ? (si il y en a un)

Ceux qui ne nous remercient pas.

– Quel est ton état d’esprit à quelques semaines de l’ouverture du Festival?

Suis en place, quasi prêt. C’est énormément de préparation pour 4 jours qui passent en un clin d’œil.

– Je te laisse le mot de la fin:

C’est un vrai bonheur et une fierté de s’investir pour cette noble mission au Hellfest, de travailler avec des équipes compétentes, d’être écouté et être pris au sérieux. Je me souhaite encore de belles éditions.

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Un grand merci Antoine pour avoir répondu à ces questions et nous avoir fait découvrir cet univers où la solidarité et la convivialité sont essentielles.

Réalisation: Alain BOUCLY