Depuis son ouverture il y a un peu plus d’1 an, le Fury Défendu est devenu un lieu incontournable dédié aux concerts, grâce à une programmation variée de groupes locaux, mais aussi de renommée nationale et internationale. Et en cette pluvieuse soirée d’automne, ce sont les américains de Supersuckers qui vont investir la scène rouennaise, pour la seconde date de leur tournée européenne.
Pour que la fête du rock n’ roll soit complète, il est cohérent de voir d’ajouter à l’affiche les Normands de Dirty Dogz, dont le style se complète parfaitement avec le combo originaire d’Arizona.
De retour à Rouen deux ans et demi après leur dernier passage au « Bifrost », Dirty Dogz se présente avec un line up modifié, qui voit l’arrivée de Seb au chant et de Mika au poste de second guitariste. Les habitués du « Fury » ne seront donc pas dépaysés, puisque c’est exactement la même formation qui a blindé la salle avec Bloody Rosie plays AC/DC le 11 septembre dernier. Il n’y aura pas de round d’observation, les 5 gaillards ayant visiblement envie d’en découdre avec l’enchainement « New Bitch » / « Girls In The Night » suivi de « Hot As Hell », dont la mélodie de « Pussy Wet », a toute de suite été identifiée par les connaisseurs. Cette composition, qui a simplement fait l’objet d’un re-lifting au niveau du texte, reste toujours aussi efficace, d’autant qu’elle prend une nouvelle ampleur grâce l’agressivité vocale de Seb. L’intensité du set monte d’un cran lors de « Night Falls », la première nouveauté de la soirée, qui possède tous les ingrédients pour devenir un des standards du groupe en même temps qu’un des titres phares du prochain album. Voilà le morceau fédérateur par excellence, au refrain imparable, ponctué de riffs ciselés par Mika et d’un solo à la précision chirurgicale, distillé par Cyrille toujours aussi inspiré. Le test du live est réussi, si l’on en juge par la réaction bruyante d’un public conquis. La reprise de « Nice Boys » de Rose Tattoo, en hommage à Angry Anderson qui nous a quitté il y a peu, a encore fait monter l’ambiance, d’autant que David, va se lâcher totalement sur un chant lead sans concessions, envoyé avec les tripes ! De retour pour « Come On Baby » Seb démontre toute son étendue vocale, qu’il a su adapter en fonction des spécificités de chaque titre, bien soutenu par les chœurs omniprésents dans de nouvelles tonalités. Il était difficile de passer à côté de la traditionnelle reprise d’AC/DC, en mettant à l’honneur « Kicked In The Teeth », une pépite extraite de « Powerage » sortie en 1978. Le second nouveau titre « Higher Circles », va également séduire l’audience par son énergie, qualificatif qui s’applique à l’ensemble du set, que le traditionnel « Wheels On Fire » viendra clôturer de la plus belle des manières. La nouvelle version de Dirty Dogz a fait mieux que convaincre, elle a démontré qu’il va falloir compter avec ces 5 musiciens d’expérience pour atteindre les objectifs les plus relevés.
Formé en 1988 le trio américain Supersuckers a déjà visité les scènes françaises à plusieurs reprises, notamment lors d’une tournée en compagnie de Nashville Pussy en 2009. Évoluant dans un style Garage Rock sur-vitaminé, le groupe emmené par Eddie Spaghetti à la basse et au chant, va droit au but, sans se poser de questions ! Le ton est donné d’entrée de jeu avec « All The Time », extrait de l’album « Suck It » sorti en 2018. Ça envoie sévère, la rythmique est soutenue, bien calée sur la frappe de « Capitaine » Chris Von Streicher, qui martèle ses futs avec une dynamique qui ne faiblira pas un seul instant. L’efficacité est de mise, comme c’est souvent le cas des formations qui évoluent en trio, c’est en live que le côté brut des compositions prend toute sa dimension. La set list de 19 titres pioche dans la douzaine d’albums enregistrés à ce jour, dont le plus récent, « Liquor, Women, Drugs & Killing » disponible depuis tout jute un an, sera représenté par le single « Maybe I’m Just Messin’ With You », dont l’influence de Motörhead est palpable.
Marty Chandler « Metal » toujours en mouvement assure le show, saisissant sa Gibson de gauche à droite, vers le haut ou la pointant vers le public. Son jeu est à l’image du groupe, bien Rock n’ Roll, fait de riffs tranchants, basé sur une énergie retranscrite par un son sans artifices que le public prendra en pleine face pendant plus de 90 minutes ! Cela ne l’empêchera pas de faire un solo remarqué sur « Unsolvable Problems » ! Eddie Spaghetti assure un chant sans faille, incisif et toujours juste, contrastant parfois avec le style sauvage de certains morceaux qui font la part belle aux structures basiques du Punk Rock.
Après presque 40 ans de carrière, Les Supersuckers ont prouvé que la scène est véritablement leur ADN, en proposant un show abouti, devant une audience ravie de vivre ces moments de Rock n’Roll qui auront su faire oublier les soucis du quotidien. Une affiche d’une telle qualité méritait mieux en termes d’affluence, dommage que le contexte n’a pas favorisé le déplacement d’un plus grand nombre de passionnés !
Je tiens à remercier Eric, Nico, Amandine, et toute l’équipe du Fury pour l’accueil et les conditions au top pour vivre cet événement de manière optimale
Report & Photos ©2026 Alain Boucly
Supersuckers :









Dirty Dogz :








