Pour cette 9ème édition du Hard Rock Legend, Underground n’a pas fait les choses à moitié, car l’affiche a de quoi faire saliver avec Chris Slade que l’on ne présente plus, Gotus, qui, comme son nom l’indique, regroupe plusieurs membres de Gotthard et Krokus, et les normands de Dirty Dogz, bien connus des habitués de la Convention.
Les conditions d’accueil à « La Spirale » sont toujours aussi agréables, que ce soit pour le public ou les artistes, car cette salle possède une technique son et lights au top, ainsi qu’une acoustique permettant d’apprécier les prestations des groupes à leur juste valeur.

Il ne fallait pas arriver en retard pour assister au début du set de Dirty Dogz, car dès 18h30 surgissent les premiers accords de « Ready To Rock » ! Et je confirme que tout le monde est prêt pour le Rock, d’autant que l’enchainement imparable de « Pussy Wet » et « Go Back » démontre à quel point le quatuor a envie d’en découdre ! Fidèle à son habitude, Simon va chercher la participation public, remplissant parfaitement son rôle de frontman, toujours aussi à l’aise sur « Come On baby » ou « New Bitch ». La rythmique en béton de Taz est infaillible, soutenue par la basse vrombissante de David qui propulse un « Girls In The Night » sur-vitaminé. Mais le rock des antipodes de Dirty Dogz ne serait pas ce qu’il est sans le feeling et la précision des accords de Cyrille, qui s’avère d’une redoutable efficacité, tout en faisant le show par ses déplacements incessants. « Follow Us », « Not Born To Lose » et « Rock Me Baby » défilent sans temps mort, avant le traditionnel « Wheels On Fire » qui viendra clôturer 40 minutes d’un set bien maîtrisé, mais sans véritable surprise. La perspective de nouvelles compositions serait sans doute ce qu’il pourrait arriver de mieux à Dirty Dogz, afin de se remettre en question pour franchir de nouveaux caps, et confirmer ainsi tout le potentiel dont le groupe a su faire preuve depuis sa création en 2017.

Après une prestation remarquée lors du Raismesfest 2024, Gotus est de retour en France pour distiller son « Classic Rock » typé 80’s, mais toujours très actuel, comme en témoignent les nombreux fans de Gotthard et de Krokus. Plusieurs pages seraient nécessaires pour détailler l’impressionnant CV des protagonistes, même s’il est toujours intéressant d’avoir une vision de la carrière respectives de chacun d’entre eux. D’autant que les titres joués ce soir ne se contentent pas d’un « Best Of » des 2 groupes pré-cités, mais se situent dans un spectre élargi, dont le « Souls Alive » d’Unisonic joué en entame de set, suivi par « King For A Day ». Ayant intégré la formation de l’ex Helloween Michael Kiske en 2010, et rejoint par Kai Hansen l’année suivante, Mandy Mayer impressionne par sa dextérité, j’allais dire sa facilité, sans tomber dans la démonstration. Notre « guitar hero » du jour est décidément à l’honneur, grâce à « Fallen Angel », « First Trike »/« Danger Zone » et « Travelin’ Man », trois pépites issues de Cobra, dont l’album « First Trike » avait fait sensation en 1983. Seules 3 compositions originales de Gotus seront extraites du premier opus éponyme, dans un registre très marqué par le Whitesnake de la grande époque, ce qui, il faut bien l’avouer, reste une sacrée référence. Et là Ronnie Romero met tout le monde d’accord, tant le niveau de performance vocale atteint des sommets ! Le chilien, ayant officié entre autres dans Rainbow, MSG et Vandenberg, démontre une puissance dans ses intonations qui n’a rien à envier au frontman du serpent blanc ! Que ce soit sur « Undercover », « Beware Of The Fire » ou « Take Me To The Mountain », Gotus démontre une sacrée cohésion entre ces musiciens d’expérience. C’est bien en place, carré, millimétré, tout en y ajoutant l’énergie lors du dynamique « Fire », l’unique reprise de Krokus, suivie de celle de Gotthard avec « Top Of The World », extrait de « Human Zoo » sorti en 2003. La aussi la comparaison avec Steve Lee tient la route !
Les connaisseurs seront comblés lors du final par cette nouvelle rareté datant de 1990, avec une version très réussie de « Warzone », figurant sur l’album de Katmandü. Voilà un set qui a tenu toutes ses promesses, avec son lot de morceaux issus de groupes qui ont marqué leur époque, joués avec conviction et talent, pour le plus grand plaisir d’un public conquis. Et cerise sur le gâteau, les membres de Gotus se sont prêtés au jeu des photos et dédicaces après leur concert, prenant le temps de partager de précieux moments.

Après un premier passage réussi en 2018, Chris Slade est de retour à « La Spirale », pour nous abreuver d’une bonne dose de Rock n’Roll à la sauce AC/DC, mais aussi de survoler son imposante carrière en présentant une sorte de « Best Of » de ses divers projets. Le batteur, qui a intégré la bande à Angus en remplacement de Phil Rudd en 1989, a connu son heure de gloire en étant derrière les fûts sur l’album « Thunderstruck », et en participant aux tournées mondiales qui ont suivi, dont le « Live At Donington » enregistré en 1991 restera le témoignage le plus fidèle de cette période. La set List sera quasiment identique à celle d’il y a 8 ans, à commencer par « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » en ouverture, suivi de « Big Gun ». Une petite présentation entre chaque morceau, permet de remettre dans le contexte la participation de Chris Slade dans chaque formation, comme avec Gary Moore lors de « Parisienne Walways », David Gilmour sur « Comfortably Numb » ou encore Manfred Mann’s Earth Band symbolisé par « Davy’s on the Road Again ». Ces morceaux légendaires n’ont pas pour vocation, de par leur structure, d’apporter beaucoup d’entrain à un set qui peine à décoller, même si l’alternance avec « Back In Black » ou « Hells Bells » pourrait y contribuer. Mais rien n’y fait, d’autant que, malgré toute la bonne volonté des musiciens qui accompagnent Chris, ce dernier semble « déconnecté », incapable de maintenir un tempo régulier, ni d’asséner une frappe digne de ce nom. Les morceaux s’en trouvent forcément impactés, voire dénaturés, et cela ne s’arrange pas au fur et à mesure de la prestation. ça n’est pas « Thunderstruck », ni « Razor Edge » en fin de set qui vont redresser une situation mal embarquée, qui aurait au moins permis de terminer sur une note positive. La déception est palpable, fort compréhensible au vu de ce qu’a proposé la tête d’affiche de la soirée. On a beau s’appeler Chris Slade, il faut savoir s’arrêter à un moment sous peine de devenir pathétique. Et ce moment est venu !
Je tiens à remercie Sylvain et toute l’équipe de bénévoles d’Underground Investigation pour l’accueil et l’organisation au top, sans oublier le soutien de Powerlive Events.
Report & photos ©2026 Alain Boucly
Chris Slade Timeline :








Gotus :








Dirty Dogz :








