Interview The Flynts – Octobre 2026

Publié : 7 octobre 2026 par Alain B. dans Interviews, Musique, News
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par Alain Boucly

La sortie de l’album live de The Flynts, intitulé « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », disponible depuis le 02 octobre 2026 (Autoproduction – Inouie Distribution), et le concert d’anthologie donné au Raimsesfest en septembre dernier, démontre tout le potentiel de ce jeune groupe belge. Ride The SKy a souhaité en savoir plus, afin de faire davantage connaissance avec ce quatuor, qui monte en puissance dans un style aux consonances vintage qui retrouve une place de choix dans le paysage musical.

Entretien avec les 4 musiciens de The Flynts, Raphaël Rufo (chant), Guillaume Lamont (guitare), Matthijs Machtelinckx (basse) et Gaël Thiry (batterie). Je les remercie pour avoir pris le temps de partager leur passion en répondant de manière très détaillée aux questions de Ride The Sky.

– Peux-tu revenir sur la création de The Flynts et présenter le groupe ?

Raphaël Rufo : The Flynts a été créé par cette envie irrépressible de faire la musique que l’on aime, sans compromis, et de ne plus se demander s’il existe un public prêt à nous suivre. Beaucoup de groupes internationaux mettent à l’honneur ce style de musique, qui regagne en popularité, et avec The Flynts, on apporte notre pierre à l’édifice. C’est sur cette base que les premières compositions ont commencé pendant le confinement, en 2020 et que les premières maquettes ont vu le jour. Plus les concerts s’enchainaient, plus on se rendait compte qu’on mettait le doigt sur une corde sensible chez les gens. Et le projet n’a cessé de grandir depuis.

– Si tu devais définir votre style musical, quel serait-il ?

Guillaume Lamont : Depuis le début, l’idée est de retrouver le piment, l’étincelle, l’âme de la musique des 70’s en y apportant notre touche à nous, qui rend les morceaux inévitablement plus contemporains. On pourrait appeler ça du classic rock revival. Et en même temps, c’est un genre tellement large… The Flynts, c’est tantôt des gros riffs à s’en faire mal aux cervicales, tantôt des ballades acoustiques, mais aussi des refrains entêtants qui feraient chanter même les plus timides. The Flynts, c’est avant tout la liberté de faire ce que l’on aime mais toujours avec cette teinte vintage 70’s qui nous colle à la peau.

– Revenons à l’actualité avec la sortie le 02 octobre 2026, de l’album live « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels ». Cet album fait suite à la parution en 2024 de l’EP « First Spark », puis des singles « Tea Party » en 2025 et « Smoke & Mirrors en 2026. Pourquoi avoir privilégié une captation live, plutôt qu’un enregistrement de vos compositions afin de proposer un véritable album 100% studio ?

Gaël Thiry : Ce n’est pas conventionnel, ça, c’est clair. The Flynts en live, c’est comme un volcan sur le point d’entrer en éruption. Notre premier single, « White Lava », et plus largement notre premier EP « First Spark » transpiraient déjà d’une énergie live, car enregistré dans des conditions live, tous ensemble dans la même pièce. Ceux qui nous ont vus le savent, en concert, The Flynts prend encore une autre dimension. Combien de fois on a entendu : « J’aimais déjà bien en streaming, mais alors, en live, quelle claque ! ». Alors, bien que cela puisse sembler audacieux pour d’autres groupes, c’était assez naturel et logique pour nous que le premier long projet soit un album live. C’est ce qui capture le mieux l’essence de notre projet. C’est aussi au travers de lives mythiques qu’on est tombés amoureux de cette musique. Pour nos idoles de l’époque, c’était aussi là que tout prenait vie, et on a tous en tête un 33 tours live qui nous a marqués à jamais. On a voulu, à notre tour, respecter cette grande tradition et faire notre propre double album vinyle live.

– Pourquoi avoir choisi la mythique salle « L’ancienne Belgique » à Bruxelles pour ce témoignage live ?

Raphaël : L’Ancienne Belgique, au-delà d’être réellement une salle mythique, c’est aussi là que tout acommencé. C’est pendant un concert de Greta Van Fleet qu’on a réalisé que si eux avaient pu faire la musique qu’ils aiment et trouver leur public alors, pourquoi pas nous ? C’était une très belle façon de boucler la boucle. Au-delà de ça, pour des provinciaux, avoir l’opportunité de se produire dans l’une des salles les plus réputées du pays, on se devait d’immortaliser ce moment, pour nous, mais aussi pour les gens qui se sont rués sur les tickets en seulement deux semaines. Cet album, il est pour tous les fans qui étaient là, mais aussi pour tous les fans qui n’ont pas pu avoir leur ticket à temps pour cette date inoubliable.

– Comment avez-vous procédé pour l’enregistrement, le mixage ? Y-a-t’il eu quelques « retouches », ou avez-vous laissé le côté brut et énergique si caractéristique des live légendaires des 70’s ?

Gaël : Le live s’appelle « Tame the Flame – Genuine Live in Brussels ». Genuine parce que justement on a respecté la tradition et qu’aucune retouche n’a été faite. Uniquement un travail de mixage et de mastering nécessaire à ce que l’album puisse ensuite être produit en vinyle, en CD et être disponible sur les plateformes. On voulait que les gens puissent vraiment revivre la soirée comme elle s’est déroulée, en sentant l’énergie qui s’est emparée de tout le monde ce soir-là. C’est en réécoutant le live que l’on redécouvre cette soirée et que l’on redécouvre l’état de transe dans lequel on était tous. On ne voulait surtout pas retoucher cela.

– Parmi les 14 titres de ce live figurent les reprises de « Mississippi Queen » de Mountain et le classique de Howlin’ Wolf « Evil ». Pourquoi avoir donné la priorité à ces 2 titres ?

Matthijs Machtelinckx : C’est avant tout deux morceaux coup de cœur. Des classiques qui nous ont bercés et ont enrichi notre héritage musical. On nous dit souvent que les morceaux se mêlent parfaitement au set, et ça nous fait infiniment plaisir. Parce qu’il y a eu un vrai travail de réappropriation de ces morceaux. Notre objectif lorsque l’on fait une cover, c’est soit que les gens ne se rendent même plus compte que c’est une cover, soit qu’ils saluent la proposition. Ce n’est pas un exercice que l’on fait très souvent et quand on le fait, on veut absolument amener le morceau dans notre univers. « Mississippi Queen » et « Evil », au-delà d’être deux mastodontes du genre, ce sontaussi deux vrais coups de cœur. On s’est creusé la tête et on est super contents de tous les bons retours qu’on a de ces reprises.

– Quelles sont les groupes ou artistes qui t’ont le plus influencé ?

Gaël : Il y en a eu tellement… Mais si je devais n’en citer qu’un en tant que batteur, je dirais John Bonham de Led Zeppelin. Son jeu de batterie m’a énormément inspiré, aussi bien dans ma manière d’aborder l’instrument que dans l’écriture de nos morceaux. Il a, pour moi, complètement réinventé les codes de la batterie et la manière d’en jouer. Il a aussi beaucoup contribué à la construction de mon identité derrière la batterie.

Matthijs : John Paul Jones de Led Zeppelin et Tim Commerford de Rage Against The Machine ont tous les deux été de grandes influences pour moi. Leur façon de faire groover même les lignes les plus simples et leurs styles de jeu ne me laissent pas indifférent.

Guillaume : La liste est interminable et chaque jour j’en découvre de nouveaux, mais pour n’en citer que quelques-uns je dirais : AC/DC, Free, Queens of the Stone Age, Soulwax, MILLIONAIRE, Angel Olsen, Led Zeppelin et la liste est encore longue.

Raphaël : On est tous les 4 de grands amoureux de la musique au sens large et j’aimerais aussi, au-delà des groupes évidents qui ont déjà été cités comme Led Zeppelin, Deep Purple, Free, Cream, Cactus, The Doors, Dirty Honey, Greta Van Fleet, Rival Sons… dire qu’il y a des choses intéressantes dans tous les styles musicaux et qu’il est enrichissant d’aller chercher de l’inspiration ailleurs aussi. Ona des goûts très éclectiques. Je suis aussi un grand fan de soul et d’artistes comme Nina Simone, Aretha Franklin, Bill Withers, Marvin Gaye, Otis Redding…

– N’ayant pas vécu l’éclosion des tous ces groupes qui ont écrit l’histoire du Hard Rock, comment se fait-il que vous soyez influencés par cette scène là ? D’où vient cette passion pour ce côté vintage qui ressort de vos morceaux, que ce soit au niveau du son ou dans la mise en place des structures ?

Matthijs : J’ai grandi en écoutant ces légendes du classic rock. Quand j’avais 4 ans j’essayais déjà de jouer avec mon petit ukulélé par-dessus le son de ces albums devenus mythiques. Et l’amour que je porte pour ce style est resté.

Gaël : Je pense qu’il y a quelque chose dans l’ère des années 70 qui me fascine beaucoup : la mode, l’ambiance, la manière dont les gens vivaient, la façon dont la musique était créée… Et puis, il y a aussi une forme de frustration face à la manière dont le Rock évolue aujourd’hui. Faire de la musique avec une esthétique vintage, c’est finalement aussi une manière d’aller volontairement à contre-courant de ce qui se fait aujourd’hui dans l’industrie et de retrouver quelque chose de plus organique et plus authentique. On cherche à faire une musique qui respire, avec de l’énergie, parfois des imperfections, mais surtout une vraie identité humaine derrière.

Guillaume : Je ne pense pas que ce soit vraiment un choix ou une décision consciente de savoir ce qu’on aime ou ce qu’on n’aime pas. Le son de cette époque résonne profondément en moi et correspond davantage à qui je suis et à ce à quoi je me sens naturellement connecté. J’écoute et j’apprécie beaucoup de styles musicaux différents, mais c’est dans celui-ci que, en tant qu’artiste, j’ai vraiment le sentiment de pouvoir trouver ma propre voix.

Raphaël : Ils ont déjà tout dit, haha. Mais oui je suis complètement d’accord avec Guillaume. C’est un appel inexplicable et plus fort que nous. Cette musique nous transcende et nous habite.

– Quels sont les thèmes abordés dans les paroles de vos chansons ?

Raphaël : J’essaie d’aborder des thèmes variés. J’aime aborder les morceaux comme des poèmes qui demandent plusieurs lectures avant d’être déchiffrés et que chacun peut interpréter à sa manière. Il est rare que j’écrive des paroles explicites. Cela étant dit, les sujets que j’aborde sont le dépassement de soi, le doute, l’amour, croire en soi, j’aborde aussi de façon détournée le sujet du réchauffement climatique et du ras-le-bol global quant à l’inaction sur ce sujet de société. Les thèmes abordés sont assez variés et je ne ferme la porte à rien. Ça dépend de mon émotion du moment. 

– De nombreux jeunes groupes contribuent au renouveau du « Classic Rock ». Qu’en penses-tu et quels sont ceux que tu apprécies particulièrement ?

Raphaël : C’est la plus belle des réponses à cette période étrange que l’on traverse. A une époque où tout doit être mis dans une case, où il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux, on voit de plus en plus fleurir des projets tellement uniques et singuliers. Ce n’est certainement pas un hasard si ce style de musique reprend du poil de la bête. Les gens sont à la recherche d’authenticité, du fameux grain de folie qu’on pouvait retrouver dans le rock des années 70. La richesse et la liberté dont jouit la musique de cette époque font office de certification « Human-made ». Même en Europe, on a pu croiser la route de pas mal de groupes qui contribuent à ce renouveau du rock 70s. On peut notamment citer les Bretons de Bloyet Brothers, DeWolff, et j’en passe. Sinon, sur la scène internationale, j’ai un vrai coup de cœur pour Dirty Honey et Rival Sons.

Gaël : Je trouve que c’est une super bonne chose ! Autant je me plains parfois de la direction que prend le Rock actuel, autant j’ai l’impression qu’il y a aussi un vrai besoin, du côté du public, de retrouver ce rock d’antan, avec toute son énergie et son authenticité. Il y a bien sûr Greta Van Fleet et Rival Sons, pour ne citer que des grands noms. Personnellement, j’ai récemment eu un vrai coup de cœur pour Goodbye June, un super groupe originaire de Nashville, dont j’adore le son et l’énergie qu’ils dégagent.

Matthijs : Je pense que faire de la musique, en général, est très important pour les jeunes et que ça les aide à se construire. Peu importe le style, du moment qu’ils prennent du plaisir. Mais j’aime beaucoup la façon dont DeWolff rend hommage à l’esprit du rock classique.

Guillaume : Je dois avouer que je ne m’intéresse pas vraiment à tout ça. Je trouve que Return to Dust est un très bon groupe, même si leur son est davantage orienté grunge. Ça peut paraître un peu dur dit comme ça, mais honnêtement, je ne me préoccupe pas vraiment de ce qui se passe autour de nous. Tant qu’on peut faire ce qu’on veut artistiquement et continuer à faire plaisir à nos fans, je suis heureux.

– Quel est le (ou les) invités prestigieux avec qui tu rêverais de collaborer sur un de vos albums ?

Guillaume : Les deux qui me viennent immédiatement à l’esprit sont Soulwax et AC/DC.

Gaël : Encore une fois, je pourrais en citer tellement… Mais je pense qu’un Lenny Kravitz aurait énormément de panache.

Raphaël : Trop d’options pour choisir ! On collabore déjà avec Mario Goossens à la production et Greg Gordon au mixage. Il a mixé les plus grands (Greta Van Fleet, Rival Sons, The Black Keys, Wolfmother, …) donc c’est déjà une collaboration de rêve qu’on a pu vivre.

Matthijs : Ce serait un immense honneur pour moi de pouvoir jouer avec Paul McCartney ou John Paul Jones. Et Josh Homme fait aussi partie de ma dreamlist.

– Les 3 albums que tu emmènerais sur une ile déserte ?

Gaël :

  1. « Thriller » – Michael Jackson. Impossible de ne pas emmener un album de Michael Jackson avec moi, et je pense que Thriller reste mon préféré. C’est un véritable chef-d’œuvre à mes yeux, absolument rien à jeter sur cet album.
  2. « Breakfast in America » – Supertramp (1979) Celui-ci a une valeur sentimentale particulière. C’est le premier album que j’ai vraiment écouté avec mon papa, à l’époque sur cassette, dans la voiture.
  3. Led Zeppelin « IV ». Je crois que je mourrais si je devais partir sur une île déserte sans emporter au moins un album de Led Zeppelin.

Matthijs :

C’est impossible de choisir, mais les premiers qui me viennent à l’esprit sont :

  1. « Sacrament » – Lamb of God
  2. Led Zeppelin – « IV »
  3. Black Sabbath – « Paranoid »

Guillaume :

  1. « Highway to Hell » – AC/DC
  2. « How the West Was Won » – Led Zeppelin
  3. « Closing Time » – Tom Waits

Raphaël :

  1. « The Battle at Garden’s Gate » – Greta Van Fleet
  2. « Help! » – The Beatles
  3. « Making Music » – Bill Withers

– Qu’écoutes-tu en ce moment ?

Gaël : En ce moment, j’écoute pas mal Tigran Hamasyan, un pianiste de jazz absolument incroyable. J’ai déjà eu l’occasion de le voir plusieurs fois en live : c’est un véritable virtuose. À découvrir absolument ! J’écoute aussi beaucoup Last Train, du rock made in France, pur et vrai, qui tabasse comme il faut. Je suis devenu accro à leur dernier single « The Very End Of Every Me », en collaboration avec Landmvrks.

Matthijs : En ce moment, j’écoute beaucoup Dressed Like Boys. Je crois que c’est un groupe belge qui a un potentiel de dingue et qui pourrait vraiment devenir l’un des prochains grands noms de la scène musicale.

Raphaël : J’écoute un trompettiste de jazz français qui s’appelle Daoud.Il a vraiment son univers à lui. Sinon je suis dans une phase où je réécoute toute la discographie de Supertramp et Fleetwood Mac et quel bonheur.

Guillaume : Moi, je suis à fond sur Nilüfer Yanya pour l’instant.

– Comment envisagez-vous l’avenir de The Flynts ?

Raphaël : Dans un futur proche, on aimerait tous s’exporter encore plus. Continuer à approfondir notre présence en France et commencer à franchir les frontières des Pays-Bas et de l’Allemagne dans un premier temps.

Gaël : Continuer à faire ce qu’on fait le mieux : écrire, composer, enregistrer et faire vibrer les gens dans chaque ville où l’on a la chance de jouer. Et évidemment, si un jour on pouvait réellement vivre de cette activité, ce serait une magnifique consécration.

Matthijs : Je pense que The Flynts a vraiment le potentiel pour aller encore plus loin. J’adore la dynamique qu’il y a dans le groupe et les morceaux qu’on est en train de créer. J’aimerais vraiment qu’on puisse faire une tournée européenne dans un futur proche.

Guillaume : En un mot : « GRANDIOSE ».

– Un dernier mot pour les lecteurs de Ride The Sky ?

Merci de nous avoir lus et merci d’être arrivés au bout de cette interview. On espère vous voir très bientôt sur scène, près de chez vous. Donc, si vous voyez une affiche ou un événement Facebook avec notre nom, prenez vos tickets ! On vous promet que vous ne le regretterez pas. Encore merci à Ride The Sky de nous avoir reçus ! Stay Groovy !

Entretien par Alain Boucly

Photos live ©Michel Wieczorek

Photo groupe ©Christophe Brysse